Fiche 003:

LEO, MAX et NEO, 5 et 4 ans  

Auvergne

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1. Avant que l'affaire commence

Léo, Max et Neo sont trois frères âgés de 5 et 4 ans. Leur mère, "Myriam", avait déjà deux filles âgées de quelques années de plus, d'une précédente union.

Pendant plusieurs années, alors que la famille vit dans le Nord de la France, Myriam et les enfants subissent l'agressivité et les violences du père des trois garçons, qu'on appellera "Robert". Myriam, par crainte, va même jusqu'à le couvrir à la suite d'un signalement fait par l'école.

A l'été 2017, Robert rejoint la région de Rhône-Alpes, y trouve un travail et s'y installe, si bien que Myriam le suit avec les enfants. Les violences augmentent, et Myriam finit par quitter Robert définitivement.

 

Elle dépose plainte au commissariat pour des violences physiques sur mineur de moins de 15 ans. Les filles sont entendues et confirment les faits.

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2. Le début de l'affaire: quand les enfants parlent

Alors qu'elle est rentrée dans le Nord avec les enfants à la suite de la séparation et de la plainte, les filles disent à leur mère, et devant des témoins, que Robert a commis sur elles des actes sexuels.

L'une des filles, âgée de 7 ans, explique que Robert lui "a fait l'amour". Myriam enregistre ces révélations, et le lendemain matin elle dépose plainte dans le Nord pour des viols commis sur ses deux filles. Nous sommes alors fin septembre 2017. Les filles sont entendues en auditions filmées et confirment les faits.

Myriam apprend alors que Robert demandait à ses filles de danser toutes nues, a baissé sa braguette et demandé à l'une d'elles de lécher, etc. Les deux petites ont également été menacées pour ne pas parler.

En octobre 2017 la justice lance une mesure d'Assistance Éducative en Milieu Ouvert (AEMO) pour un an, pour les cinq enfants dont Myriam a la charge. Robert obtient un droit de visite et d'hébergement pour les trois garçons car le jugement avait pour objectif de "garantir absolument les liens entre les enfants et leurs pères".

 

En février 2018, Myriam est même convoquée par le Juge des Enfants qui menace de placer les enfants si elle ne respecte pas les droits de visite et d'hébergement du père, qui a donc en cours deux procédures à ce moment:

  • Celle pour les violences sur mineurs

  • Celle pour les viols sur les deux filles

En mai 2018, Robert est condamné en correctionnelle pour les violences contre les enfants, à trois mois de prison avec sursis. Il obtient la non-inscription de cette condamnation à son casier judiciaire.

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3. La suite des procédures

En juin 2018, la Juge des Enfants du TGI du Nord de la France décide de confier les deux filles à leur père, dans le Nord, et les trois garçons... à Robert, dans le sud est. Cela, pour six mois. Le dossier des trois garçons est alors transféré au tribunal du Puy-en-Velay.

On peut comprendre que les deux filles aient été placées chez leur père, un environnement qu'elles connaissent, le temps que leur mère trouve un logement durable et s'installe. Cependant pour les trois garçons, il est difficile de comprendre qu'ils n'aient pas été placés dans un foyer, et qu'on les ait directement confiés à Robert, condamné un an plus tôt pour violences sur mineurs.

Ce jugement est très étonnant, il est reproché à Myriam de porter des "allégations", d'avoir des "propos" jugés "particulièrement inquiétants" contre Robert, on sous-entend qu'elle a mis n'importe quoi dans la tête de ses filles, dont l'une a parlé à plusieurs personnes de l'école des abus qu'elle dit avoir subis, et cela en "se victimisant" selon ce qu'il est écrit dans le jugement.

Les services sociaux ont demandé un "éloignement des enfants du domicile maternel où les conditions de vie des enfants paraissent inadaptées et insécurisantes", ce qui fut donc fait.

 

Quant aux violences de Robert, rien de grave : le jugement explique que Robert "a certes été condamné à la peine de 4 mois d’emprisonnement avec sursis avec une dispense d’inscription de cette condamnation au casier judiciaire pour des faits de violence sur Madame, mais il s’agissait d’un fait unique survenu en août 2017 lors de la séparation du couple".

Myriam choisit alors de ne pas confier les garçons à leur père et s'enfuit pendant un mois. 

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4. Épilogue: où on est-on aujourd'hui ?

Cette fuite n'a évidemment pas arrangé la situation de Myriam. En décembre 2018, deux JDE ont prolongé la garde aux pères. Décision relativement interpellante dans le cas des trois garçons, dont le père a quand-même été condamné pour violences sur mineur, et est poursuivi depuis fin 2017 encore aujourd'hui pour des viols sur mineures.

Depuis que les enfants ont été placés sous la garde exclusive de leur père, Myriam a les plus grandes difficultés à voir ses enfants, et elle n'a le droit de les voir que pendant la moitié des vacances scolaires. Ce qui a été le cas en février mais pas aux dernières vacances, on ne sait pourquoi. Mais en général, les contacts entre les enfants et leur mère sont très difficiles depuis qu'ils sont placés chez leur père, qui en a désormais la garde normale.


Pendant ces vacances de février, les garçons ont dit qu'ils ne voulaient pas rentrer chez leur père, parce qu'ils prenaient des coups.

Myriam a donc porté plainte (avec de grandes difficultés tant les réticences des forces de l'ordre étaient grandes) une nouvelle fois début mars, pour des violences contre les trois garçons.

Elle n'a aucune nouvelle de la plainte pour les viols contre ses deux filles, qui semble se promener de tribunal en tribunal depuis plus de deux ans maintenant, et n'est en tout état de cause pas encore parvenue au JDE du Puy-en-Velay qui a décidé de prolonger le placement des garçons chez leur père.