13 décembre à Nîmes:

MARIE, 4 ans - droit de garde (JDE)

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Rendez-vous

Le 13 décembre à 14 h 30, devant la cour d'appel de Nîmes, 1 boulevard de la Libération.

L'histoire: 

On a déjà parlé sur le blog de la petite Marie, 4 ans, qui a été envoyée vivre chez son père par un juge aux affaires familiales (JAF) alors qu'elle a dénoncé des abus sexuels commis par ce dernier.

Parmi toutes les pièces de la procédure, certaines amènent à s'interroger sur cette décision du JAF, notamment:

  • Une expertise gynécologique et obstétrique ordonnée par la justice (2016) qui met en avant des faits de pénétration digitale.

  • Deux signalements effectués en 2018 de la part d’un professionnel de santé  qui suit Marie. Ce professionnel veut mettre à la disposition de la justice les enregistrements  vidéos des séances effectuées avec l’enfant.

L'interview de la maman: 

L'association EPAPI (Masques Blancs), qui suit ce dossier depuis plusieurs semaines, a réalisé une interview de la maman de Marie.

Vous pouvez la retrouver ici : 

En voici des extraits:

Dans le début de l'interview, cette maman explique qu'elle a rencontré jeune le père de l'enfant et que tout se passait bien jusqu'à la naissance de Marie.
 

"Que s’est-il passé ensuite ?

Très vite, le père de Marie a changé, les problèmes se sont accumulés, il a montré un tout autre visage. Il était distant, colérique et manipulateur. La violence psychologique a fait place à la violence physique. Il était devenu un étranger dans notre foyer, se désintéressait de tout et ne s’impliquait plus dans son rôle de père. Pour lui, l'enfant désirée était devenu un poids, il n'assumait pas, était froid et sévère avec Marie qui était pourtant si jeune. Il faisait crise sur crise, son instabilité marquait autant sa vie privée que professionnelle. Un jour, il est parti sans prévenir avec Marie, âgée de deux ans, et durant quinze jours. Les policiers qui intervenaient régulièrement à notre domicile, ainsi que les médecins qui ont examiné Marie et moi même, m'ont conseillée de vite le quitter, l’estimant très dangereux.

Vous vous êtes séparés ?

Oui. Il savait que j'allais le quitter, c'est ce qu'il voulait mais il voulait aussi la garde de Marie. Il m’a assignée en référé pour “maltraitance” afin d’obtenir sa garde alors que nous vivions encore ensemble. Il a été débouté et je l'ai quitté pour nous protéger.

Qu’avez-vous fait ensuite ?

J’ai saisi le J.A.F. (Juge des Affaires Familiales) mais l'audience avec lui n'a pas eu lieu immédiatement. Durant trois mois, pour protéger Marie, je l'ai gardée et je la lui passais au téléphone, le temps qu'il s'apaise : cela m'avait été conseillé par mon avocat. Après cette période, j'ai proposé un calendrier pour la garde : un week-end sur deux et la moitié des vacances scolaires. Il a accepté, d'autant plus qu'il travaillait et se déplaçait dans toute la France et ne pouvait donc assurer la garde intégrale de Marie. Il s'agissait d'un accord entre nous et nos deux avocats. Lors du week-end des trois ans de Marie, il est venu la chercher et ne l’a plus ramenée pendant plusieurs mois.

Des mois pendant lesquels je l’ai cherchée en vain... Une plainte pour enlèvement a été prise mais ni la justice, ni la police n'ont bougé, ne m’ont aidée... Nous avons enfin eu l'audience avec le J.A.F. et celle-ci a décidé qu'il devait avoir la garde puisque cela faisait des mois qu'elle était avec lui. Il était très heureux, j'étais paralysée, anéantie par cette décision incompréhensible. Mon avocat a contesté cette décision mais cela n’a rien changé.

A quel moment Marie vous a-t-elle fait ces terribles révélations ?

Le J.A.F. avait ordonné que je puisse avoir ma fille un week-end sur deux. Le week-end tant attendu arriva : cela faisait des mois que je n’avais pas serré mon enfant dans mes bras. Ils sont arrivés. Lui était mal à l'aise, Marie était méconnaissable, traumatisée. Une fois rentrée à la maison, elle s’est livrée de suite, me révélant les coups qu’elle recevait mais c’était loin d’être fini... Elle révéla ensuite l’innommable, l’inacceptable : des agressions sexuelles et viols qu’on lui avait infligés. Vous ne pouvez pas imaginer l’intensité du choc émotionnel que peut ressentir une maman dans un tel moment !

La maman explique qu'elle a évidemment porté plainte mais elle a été classée sans suite et ses droits parentaux ont été suspendus par le Juge des Enfants (JDE) qui l'a estimée "nocive" pour Marie.

L'enfant a donc été envoyée vivre chez son père malgré ses dénonciations.

Avez-vous un avocat ?

En fait, j’en ai plusieurs , car le premier ne veut pas s’occuper de l’affaire au pénale mais seulement au civile. Je ne comprends pas car le pénal et le civil, dans cette histoire, sont pour moi indissociables.

Comment pouvez-vous régler les honoraires ?

Ma mère et moi avons fait des crédits à n’en plus finir et nous payons toujours, pour chacune des interventions des avocats. Mais je n’ai pas le choix. Je me suis endettée à une hauteur que vous ne pouvez même pas imaginer.

Avez-vous toujours des contacts avec Marie ?

 

Physiquement non, car apparemment, il n’y a plus de place dans les structures ASE depuis juillet : je suis en liste d’attente. J’ai le droit de pouvoir l’appeler une fois par semaine car j’ai insisté et c’est une torture à chaque fois : elle ne peut réellement me parler, j’entends les chuchotements du père de Marie qui donne la mesure de nos conversations mais je tiens, car cela me permet d’entendre sa jolie voix et de lui dire combien je l’aime.

Ou en êtes vous avec la justice ?

Récemment, des signalements ont encore fait jour de ce que Marie subit au sein du foyer paternel, par une professionnelle de santé. Le juge des enfants s'est dessaisi pour ne plus avoir à traiter un dossier aussi “sensible et dérangeant”, c'est plus facile ainsi... Le J.A.F., le J.D.E. (Juge Des Enfants) et le Procureur renvoient cette affaire à la compétence de la juge d'instruction en charge de l'affaire, mais... qui protège Marie en attendant ? Plus de surveillance et pire : de l'indifférence des institutions et de la justice. Quel cocktail détonnant : un double traumatisme pour mon enfant !

Quel serait le message que vous aimeriez transmettre aux personnes qui vont lire cet article ?

Je dirais que cela n’arrive pas qu’aux autres, que jamais je n’ai été confrontée à la pédocriminalité et croyez-moi quand cela vous arrive, vous ne comprenez pas que la justice puisse être aussi aveugle et méprisante envers une mère qui ne veut que le bien de son enfant.

Que peut-on faire pour vous aider ?

Une pétition est en ligne pour demander à la justice de protéger Marie au plus vite. Aidez nous a sauver Marie en signant et en partageant cette pétition !

Une cagnotte est ouverte pour aider cette maman à financer les honoraires des avocats, le seul moyen pour Marie d’obtenir justice.